• Stephane Fayol

Fantômas, un humain parmi nous  ? J’ai enquêté pour vous et je vous livre enfin mes conclusions.

Mis à jour : août 3

Les Fictions de mon été 2020 : épisode 3


Alors d’abord de qui vais je vous parler ? Ce n’est pas au personnage créé au début des années 1900 par Souvestre et Allain que je ferai référence ici dans le cadre de mes fictions de notre été.


D’ailleurs, le Fantômas dont il sera question, adaptation libre cinématographique d’André Hunebelle dans les années 60 a depuis longtemps supplanté le personnage d’origine dans l’inconscient collectif des petits et grands.

Si le choix du cinéaste, épaulé par les interprétations des comédiens notamment Louis de Funès et Jean Marais a été de traiter l’existence de ce personnage comme une vaste pantalonnade, qui nous fait tant rire, il faut quand même rappeler ce qu’incarnait le sinistre bonhomme bleuâtre sus nommé, et y porter à chaud quelques commentaires…

Il n’a aucune apparence humaine, en tous les cas, proprement connue : cette tête bleue, au visage froid, sans aucune expression, sans trait, ses yeux vides un rien sanguinolents. En outre, sa voix est caverneuse et ne véhicule qu’une sinistre et glaciale assurance. (Bon certes, en tant que RH, je sais que l'apparence, ça n'est pas mon truc car trop superficiel et discriminatoire, mais il me manque chez ce Fantômas des traits de vie pour que je puisse considérer).

Il défie sans cesse « l’humanité », et au fond n’aime pas son prochain. (là c'est franchement rédhibitoire pour quelqu'un qui a voué sa vie au services des autres).

Ce dernier ne fait que lui servir, tel un outil, une chose.

Il peut, alors qu’il a séduit une femme -Lady Beltham qui lui a sacrifié son mari-, envisager de la tromper et de l’éliminer sans vergogne. (Se servir des autres, là je passe au stade de l'écoeurement).

Il ne respecte rien ni personne, il méprise tout et tout le monde. Il n’a soif que de pouvoir et se moque des moyens pour y parvenir, les plus atroces soient-ils. Je ne parle même pas de l’incivilité qui dicte la plupart des règles qu’il fixe. (Son bas désir domine sans limite, et le désir libre mal orienté empêche l'existence de toute société, disait fort justement Freud)

Il est toujours entouré d’individus sombres, totalement soumis à sa volonté, et souvent peu intelligents. Pour ne pas dire, totalement abrutis.

Cela pourrait être des robots version zéro ou à intelligence artificielle néfaste. ( j'ai trouvé tellement enrichissant le contact des autres sur mon chemin, que là, je décroche totalement de sa vision; il est à bannir de toute équipe)

Et s’il le pouvait, il n’aurait que des robots Fantômas, car il est friand de haute technologie, et d’intelligence qu’il dédie à chaque fois dédiée au mal. ( autant j'ai de la méfiance pour la technologie, autant elle est surtout dirigée vers ses créateurs et leurs intentions, pas sur la technologie elle même)

Il est foncièrement mauvais et la vie n’a aucune valeur pour lui. Et si son histoire filmée s’attarde sur les situations « rendues comiques », ce ne sont jamais les passages décrivant ses forfaits qui sont traités de cette façon. Non, le cinéaste n’a fait montre d’aucune indulgence avec la cruauté de Fantômas, qu’elle frappe qui que ce soit. Le comique veut chasser l’angoisse, ou tout au moins l’atténuer, mais l’horreur reste au fond présente et attachée à Fantômas. ( combien Hunebelle me fait du bien !!!! le mal je l'ai croisé, j'en ai été victime, mais au fond même si j'ai pardonné je ne l'ai jamais accepté)

Il se pique d’être supérieur à tous les criminels de notre humanité ; la mégalomanie criminelle . Il faut être un monstre pour se parer de cela. ( mégalo +criminel ??????)

Le plus effrayant, est sa capacité à adopter le visage et les traits de tout le monde, pour se substituer à eux, le plus souvent après les avoir tués, pour commettre l’irréparable et les faire endosser sur le moment à ses infortunées victimes. ( je suis troublé quelques instants car cela me renvoie à quelques vécus douloureux).

Fantômas peut donc être dans l’esprit de ce qui a été porté à l’écran, n’importe qui. Peut-être même connaitrions nous possiblement un, voire des Fantômas ?

Peut-être aurions nous été dupés, froidement abusés et manipulés, sans aucune conscience du fait, tant Fantômas sait être envoutant.

Et si nous sommes là pour en parler, c’est que le monstre nous aurait épargnés avant de jeter son dévolu ailleurs.

J’en ai des frissons dans l’échine rien qu’à y penser.

Et je peux imaginer quelques rapprochements, partiels, et sans doute trop marqués par ma sensibilité.

Mais plus sérieusement, un homme bleu, je n’en ai revu qu’en période COVID récente (masques chirurgicaux obligent) et sincèrement, ils n’avaient pas les traits ci-dessus précités. Personne ne les a d'ailleurs, parmi les hommes.


Et puis est-ce vraiment possible qu’existe un être aussi foncièrement méchant ?

D’un point de vue philosophique on s’approcherait plus dans ce cas de la vision de l’homme par Hobbes que par Jean Jacques Rousseau, où l’homme ne peut être foncièrement mauvais qu’à la condition d’y être conduit par la société.

Et on a du mal à penser « Fantômas » poussé à ce point d’atrocité par quelque société que ce soit puisqu’il fait fi de la société. Bon même si je préfère Jean Jacques, laissons la philo aux spécialistes.

Définitivement, l’homme foncièrement mauvais, pouah pour moi, pour le RH que je suis , pour l'homme avec toutes ses failles, c’est impossible de m’y résoudre… Je n’imprime pas dirait Muriel Robin, mais pas du tout. même si, je pourrais, parfois, je l'admets.... mais ce serait ingérable.

Alors voilà, ma réflexion de haut niveau et mon enquête poussée me conduisent à exclure Fantômas de la catégorie humaine, pour le renvoyer dans celle des viles créatures . Et imaginaires si possible.


Et je dis Bravo à Hunnebelle pour le choix de la comédie. Elle fait cauchemarder sans faire de mal. et au passage nous passe quelques messages de vigilance, totalement pertinents dans notre époque.


Et puis au terme de l’adaptation cinématographique d’Hunnebelle, ce brave Commissaire Juve qui incarne si bien le français, tel que vous et moi, a beau dire « je t’aurai Fantomas, je t’aurai », Fantomas ne disparait pas à jamais sous les verrous. Ce qui fait que le monde ne s’en débarrasse pas.

C’est impossible.... : on dirait un truc pour vendre du papier, « faire du Tirage comme dit le patron du journaliste Fandor ».














Moi je l'aime ce Juve, j'ai du être des milliers de fois ridicule comme lui , et je le serai encore, mais je me battrai pour l'avoir ce pseudo Fantômas si je le sens exister.

J'admets qu'il est troublant, des décennies plus tard, de nous retrouver nous avec Dark Vador, le côté obscur de la force, l'incarnation à nouveau du mal. En noir cette fois, et toujours masqué et spectaculaire.


Et comme le monde est monde, l’homme triomphe toujours des "créatures".

Il y a donc l’homme que nous connaissons tous les jours avec ses qualités et ses travers, à ne pas confondre avec la créature où le délire prend le pas sur toute raison.

On est d’accord hein ? Le contraire est mensonger, et je dis hein, pour vous prendre à partie et ça me rassure... en plus de Juve.

Bref, en résumé, toute ressemblance de Fantômas avec un humain ne serait que pure vraisemblance. Je le veux de tout mon être. Dans cette fiction, je suis bien certain que personne n’aura reconnu personne dans les traits de caractère de l’abominable créature bleue, au contraire des joyeux lurons de journalistes et de policiers.


Merci à ces derniers. J’ai même lu que c’est au Commissaire qu’on devait le succès de cette fiction, vous voyez bien. c'est de bon augure.


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