• Stephane Fayol

J’ai trouvé un médicament pour le mieux vivre en France : le « BONTEAURINE »

Mis à jour : sept. 2



« Heureux qui comme Pierre BONTE, a fait de si beaux voyages ».

Je suis né dans un de ces territoires ruraux, dont Pierre Bonte sait si bien parler aux Français et les écouter. J’y ai connu des personnes telles que Pierre les a rencontrées et j’en connais encore dans mes petits patelins.

Ce journaliste a illuminé les médias sur lesquels il a parlé de nous pendant des décennies.



Aujourd’hui, notre vision du monde s’est considérablement élargie par rapport aux années 70.


On nous raconte dès potron-minet ce qui se passe au fond de la Biélorussie, ce qui est indéniablement passionnant, car nous sommes citoyens de la planète.

Mais, il y a pour un moi un "mais", et de taille.


Je n’ai plus le sentiment que l’on connaisse si bien nos voisins, que l’on ait plaisir à se voir, s’entendre, que l’on ait cette joie de sourire de tout ce qui fait notre beau pays : ces paysages, et surtout ces femmes et ces hommes aux histoires partagées si belles.

En effet, les médias relaient volontiers tous les nuages noirs qui affectent notre pays, toutes les avanies que l’on fait subir à ce que l’on a de beau, et des débats (enfin si on peut appeler cela comme ça) se développent à tout va, sans discernement. C’est bien la négative et dépressive attitude du pays.


On généralise, on parle des Français. Pierre lui, parlait d'une France, d'un fracas dont on se sentait aussitôt proche. Alors la géo-socialisation je suis pour, mais la macro géo-rapports aux autres, je le sens moins, bien moins, tellement impersonnel.


Que font nos Élus locaux qui pendant 15 ans ont fait les bons réveils d’Europe 1 avec « Bonjour Mr Le Maire » et leur sponsor d’envergure Butagaz ? Ca ne s’invente pas, ça donnait du gaz à tout le monde au lever.



Pierre Bonte a été maintes fois copié, mais jamais égalé. Des ersatz… Il incarnait le dialogue du quotidien, la saveur des petits bonheurs qu’a joliment chantée Felix Leclerc, notre voisin Canadien. Et il l’incarne avec une élégance que je n’ai jamais retrouvée. Échanger avec un épicier sourd, le célèbre dorénavant Père Liochon en riant et en faisant rire, sans jamais se moquer, sans aucune trace de méchanceté, qui peut encore à ce jour rivaliser ? Puisqu'aujourd'hui la violence est en permanence sous-jacente du regard, de la parole...

Il ne présentait pas de « marginaux » Pierre, avec les connotations que l’on distribue aujourd’hui ; il n’incarnait pas non plus un mode de vie à part, un zadisme du siècle qui s’oppose à tout. Non, Monsieur Pierre, avec son imper à la Colombo, allait à la rencontre de Madame et Monsieur TOULEMONDE : de l’épicier, du charcutier, de la poissonnière, de la pharmacienne au tambour, de Marcel le Meunier, aux deux jumelles Baubion. Il buvait un petit coup, écoutait chanter, raconter des histoires, jouer des instruments.

Une envie qui nous fait tant défaut aujourd’hui : celle de rencontrer, de vivre avec l'autre sereinement.


Une dolce vita faite d’héritages du passé, d’originalité, d’audace et de liberté, de tolérance, de bienveillance, de sincérité et de franchise. Il jouait, comme avec son complice du Petit Rapporteur Prevost, avec le Maire de Montcuq. Le Maire jouait avec Pierre, parce qu’il savait que du rire naitrait le bonheur de parler de lui, de son village, de ses habitants. Pierre Bonte est pour la France rurale, celle que le troubadour Gauvain appelle « Les oubliés » : la voix, celle de l’espoir, le radio Londres de ce mieux que l’on attend.

Dans la zone de tourmente que l’on traverse, alors même que sondage après sondage on découvre l’envie de fuir les grosses cités urbaines, pour retrouver du souffle (du gaz), Pierre Bonte ne nous parle plus tous les jours. Nous serions pourtant de plus en plus curieux d’entendre son propos. Même si oui, nous avons changé d’époque, et oui, aujourd’hui Jean Ferrat aurait plus de mal à écrire « la Montagne » .


Non je ne suis pas sous perfusion de nostalgie, j'ai juste envie du meilleur d'avant,

pour le meilleur d'aujourd'hui et de demain.


D'autant que certaines valeurs sûres sont intemporelles.

Mais ce qui est majeur, et en ma qualité d’élu en milieu rural notamment, ce dont je redoute, c’est que les ghettos créés en ville dans les années 60 et plus, soient recrées à l’envers dans nos campagnes, en opposant les tenants d’une écologie considérée comme seule salutaire aux tenants d’une vie aux progrès lents et appréciés. Si Monsieur Bonte pouvait nous rappeler le juste milieu, cet équilibre, lui le citadin amoureux des ruraux, lui le rural-trotter.

Que j’aime entendre dire par lui que la "France profonde", ce n’est pas une injure mais au contraire la profondeur face à la superficialité décriée. Et qu’il faut se garder d’opposer ville et campagne, y compris sur le plan politique nationale, parce qu’il est plus que jamais nécessaire que l’on soit heureux là où on a envie de l’être.

Son message aux gouvernants est d'encourager les initiatives locales, encourager toute cette énergie disponible plutôt que de la laisser emprisonnée par des schémas d’horizons trop lointains.


Notre art de vivre séculaire doit s’allier avec l’époque et ses merveilleux moyens.

Rencontrer Pierre Bonte autrement que par la voix des ondes et de mes souvenirs, écouter comment il faut parler et écouter pour respecter, reste un rêve, puissant. Et plus encore, imaginer renouer un lien entre la France et les Français à la Pierre Bonte, est une entreprise de l’ordre de la thérapie merveilleuse. Mais tant ont essayé, seul Pierre pourrait m’y aider.

Salutations et Respect Monsieur BONTE.


Nb : POSOLOGIE du médicament : autant de fois que nécessaire dans la journée.

© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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