• Stephane Fayol

La descente bobsleigh du "vivre ensemble" : douloureux mais irrémédiable ?

Mis à jour : août 28


Sui-je parano ? Je persiste à penser que non.


Le Président se fait interpeller dans la rue, en promenade, comme n’importe quel pote. Je sais, « Président normal normal, mais tout de même Président ! ».






Moi je ne peux pas m’empêcher d’avoir mal à mes institutions et de me demander au vu de ces derniers mois, si à force de tout banaliser, si à force de ne tout remettre en cause, avec une surenchère constante, nous ne serions pas en train de perdre le chemin du bien vivre ensemble, qu’on réclame par ailleurs à corps et à cris. Et notre trajet ressemble plus au douloureux parcours d’amateurs en bobsleigh, qui ne contrôlent rien que des compétiteurs avertis.

Alors comme souvent, me voilà parti en spéléo dans la grotte Larousse des mots pour retrouver quelques repères posés par les premiers hommes, et qui pour moi n’ont rien d’obsolètes. Suivez-moi.

Civisme :

Dévouement envers la collectivité, l'État, et à la participation régulière à ses activités, notamment par l'exercice du droit de vote.


Civilité

Observation des convenances en usage chez les gens qui vivent en société ; politesse, courtoisie : la plus élémentaire civilité demanderait une réponse.

Synonymes :

Contraires :

La vie n'est pas un long fleuve tranquille !


Notamment parce qu’au-delà d’une crise sociale de plusieurs mois, suivie par une pandémie hyper violente et nous ayant propulsés avec violence en terre inconnue, nous sommes encore sous sa menace, fragilisés, abimés, meurtris.

J’admire, et vous lirez cette expression avec une écriture des plus cyniques, celles et ceux qui sont dans le déni, le rejet, le négationnisme, l’insouciance voire la pure bêtise type Covid Party. Sans doute n’ont-ils pas eu à pâtir de cette horreur, sans doute tout cela apparait il chimérique à leurs yeux, et les théories du complot, de la machination organisée pour faire rentrer de l’argent obscur etc… ont un terreau de prédilection pour se développer.

Et rien n’y fait : les morts, les abimés, les appels à l’unité nationale les cérémonies, pfiouuuu dès que l’on semble pouvoir, on s’abstient, on oublie, où on canarde, et on oublie l'essentiel, je dis cela sans connaitre la vérité. La connait-on d'ailleurs, puisque nous sommes saturés d'experts.

Je vous recommande les tweets post Défilé du 14 Juillet, eh ben mes cadets dirait Demanche, on n’est pas sortis.

J’ai personnellement laissé des parties de ma vie dans ce désastre sanitaire, je ne suis pas scientifique, ni expert mais juste un tantinet légitimiste et j'écoute avec respect les préconisations des autorités médicales point ; j’ai observé avec une admiration (non cynique) celle-là et une affection sans limite, réaliste, celles et ceux qui se battaient pour épargner, sauver des vies.

Que l’on ne soit pas capables, autrement que par quelques semaines d’applaudissements surfaits à certains balcons d’une concorde nationale sur ce drame me met hors de moi.


Que l’on « lâche » de plus en plus facilement violence et aigreur dans tant de domaines, me dégoute plus encore comme si c'était devenu notre Way of Life.

Oui, me dit-on, mais tu es sensible et tu exagères.

Mais qu’est ce qui n’est pas clair dans ces définitions ?

Je vais essayer de garder mon calme contre ces vents violents, merci Lino.

Mais rien ne m’empêchera de ne pas sombrer dans l’hypocrisie, la lâcheté et la misère humaine qui tapis dans l’ombre, brandissant de bonnes consciences à l’envie ne cessent d’en rajouter dans cette descente vertigineuse et suicidaire.

Je vis entre milieu rural et urbain, en temps partagé. Et très sincèrement mon constat s’applique, différemment parfois, mais dans tous milieux. Comme disait un internaute récemment, « je ne sais pas à quel moment de notre histoire c’est parti en c…., mais c’est parti » . Je vous présente mes excuses pour la trivialité du propos, mais je suis certain que tout le monde m’aura compris.

J'ai pris connaissance hier d'un forum ouvert sur un village voisin, les insultes, les menaces, les noms d'oiseaux les plus calamiteux y sont déversés mais pourquoi ?

Les agressions quel qu’en soient les conséquences sont de plus en plus gratuites, légères qu’elles qu’en soient les conséquences. J’en ai moi-même subi une, de nature verbale donc sans gravité en terme de conséquences, il y a quelques jours au sein même d’un cimetière, près de la sépulture de mon père. « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup » et cela situe fort bien cette glissade no limit.


Et je ne parle pas des agressions physiques, des dégradations de symboles etc... on a l'embarras du choix et trop à déplorer.

Alors je regarde les théoriciens essayer de théoriser, d’imaginer, de catégoriser, de "communautariser", mais c’est pire de théoriser tranquillement sur "l'ensauvagement de la société", et....rien.....


"La théorie, c'est quand on sait que rien ne fonctionne. La pratique c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique: rien ne fonctionne et personne ne sait pourquoi "

Merci Albert Einstein, ça me parle c'est fou ..

Si on s’en tient au simplisme que j’abhorre, « la question est vite répondue » ; on se fout de fiche en l’air le vivre ensemble et de catalyser la violence jusqu’à trop tard.

Et bien non ! Je ne veux pas y croire. Un je ne suis en rien simpliste, ça n’est pas honnête.

Deux, je suis fait comme je suis : j’ai consacré ma vie au respect, à l’aide de mon prochain, à la qualité du vivre ensemble quel qu’aient été mes engagements et mes résultats. Privés et professionnels.


Je porte la valeur du respect, du vivre ensemble et le rejet de la violence au plus haut.

Et quoi qu’on fasse, sans remettre cela au centre, au cœur comme « ils disent », il ne peut y avoir d’issue autre que le plongeon dans le côté obscur de la force. Dark Vador et son Empire du mal peut être une réalité totale et il peut prendre le contrôle du Bobsleigh.

Alors je continue à relever, à dire, à défendre, à porter haut ce à quoi je crois. En agissant, et pas qu'en théorisant, le bla-bla finit par me coller la nausée parfois s'il finit dans les limbes.


Et quel que soit l’avenir, je repars en spéléologie mais au fond de moi, pour espérer que celles et ceux qui pensent comme moi et qui se veulent les plus nombreux trouvent les voies et les moyens pour réussir. Le mépris, la violence ne peuvent gagner, la compétition est belle, ne la gâchons pas. Agissons au lieu de blablater à l'infini, et de pleurer parce que c'est tout ce qui nous reste à faire.

© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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