• Stéphane Fayol

Non, ce n'était qu'un cauchemar absurde

La nuit dernière, j’ai fait un rêve étrange et effrayant.





J’étais dans mon bureau, ce jour de rentrée des vacances d’été 2019, et je consultais en fin de matinée, après avoir salué mes collègues, mes messages, le fil de l’actualité LinkedIn, celui de Twitter et je ne comprenais pas grand-chose à ce que je voyais.


En qualité de RH, mon métier m’a toujours conduit vers les autres, celles et ceux qui m’ont entouré et qui tous les jours ont fait l’entreprise, chacun à sa place dans une vraie dynamique d’équipe à laquelle je me suis attaché.


Sur mon mail, j’étais convié à un nombre effarants de séminaires, émanant d’organismes différents, qu’il se nomment RH ou HR, peut-importe, chacun revendiquant qu’ayant entendu tous les messages d’avant été, ayant compris, le programme proposé par lui était véritablement exclusif, innovant et allait me permettre de traiter nombre de sujets pertinents.

 

Et on y parlerait de disruption, de raison d’être, d’empowerment, de qualité de vie au travail vue autrement et de bien-être , et bien sûr de télétravail , de dialogue social clé pour l’entreprise et la cohésion sociale, des grandes réformes sociales mises en place avec la découverte de texte complets (quoique, à alimenter par décrets etc…),  d’employés heureux et performants, de diversité comme un plus, d’emploi des seniors vs réforme des retraites non encore aboutie, des codirs/comex, voir conseils d’administration et de la place des RH, des meilleurs moyens pour une communication convaincante, de recrutement efficace, du développement personnel vu comme impersonnel par Julia de Funès (avec autant de pertinence je l’espère que le propos de la comédie inhumaine, sic), de marque employeur d’expérience clients, d’expérience salariés, et d’une foultitude de process, processus et outils boostés par la digitalisation associée. Avec ça ma vie RH, le pied .


Je pourrais continuer longtemps le descriptif tant les propositions relayées par des magazines, des ouvrages, sont inépuisables. Mais en fait, je n’en ai pas le courage. Alors j’écris, relativement à un bel ouvrage juste sorti et en félicitant avec sincérité les auteurs que je n’y comprends plus grand-chose, ce qui a fait réagir l’un de mes collègues qui me connait et me répond aussitôt : « en plein doute ? » ce à quoi j’ai répondu non, bien au contraire. Plus que jamais résolu à porter, je ne sais pas encore comment, par la liberté de parole qui m’a toujours été laissée au moins mon désarroi pour notre métier, face à cette déconnexion galopante.


Ce métier qu’on voit dans tous les écrits au cœur de tout, finit par être dans sa bulle, s’auto congratulant, créant des concepts pour beaucoup encore fumeux - et je ne parle même pas des chercheurs qui auraient en la matière une certaine légitimité à le faire -. 


Mais outre le fait que dans l’entreprise, les missions peuvent être tenues par d’excellents techniciens en procédures et outils, des employés aux écriture appliqués, je cherche encore les réponses aux attentes exprimées tous les jours par tous que l’on a vécues durement en 2018 et 2019. Je ne suis nullement paranoïaque,  pas plus qu’affabulateur, simplement j’ai pris, contraint et forcé par ma santé,  du temps pour écouter, du temps pour moi, et du temps pour les autres. Ça a été une opportunité ++++


Qui cette situation d’ignorance feinte arrange-t-elle ? les RH ? non contrairement à ce que l’on pense avec les montagnes d’outils qui leur sont ou pas payés d’ailleurs il y a une grande disparité de situations, le métier perd en humanité, ce qui quand on a le H dans son intitulé de métier me titille un peu. Ceux qui sont au cœur ne montrent plus leur cœur en avant. Les décideurs ? étant entendu, et nombre de brillants théoriciens le reconnaissent que ce mode de fonctionnement étouffe les personnes et ne permet pas la performance attendue, ou au moins la performance durable, je serais tenté de dire non, ou seulement les masochistes. Les femmes et les hommes de l’entreprise ? ah non, la plupart du temps ces concepts ne leur parlent pas, ils ne trouvent pas l’écoute et l’attention dont ils ont besoin pour entendre et être entendus, comprendre et être compris, se développer et développer leur performance etc… Alors, je donne ma langue au chat….c’est trop dur….


C’était un cauchemar, une espèce d’apocalypse, un remake du Jour d’Après….. avec la chanson grave et la musique lourde portée par Chimène Badi.


Car je suis bien certain que ce n’était qu’un rêve, un mauvais.

 

Je suis certain que ce qui va dominer mes lectures ce sont des actions concrètes qui fonctionnement et concourent à la cohésion sociale, à la définition du projet de demain tells  « territoires zéro chômeurs » initiée par Laurent Grandguillaume, ce sont toutes les associations de terrain qui font face à la violence qui s’exacerbe du fait des ruptures de compréhension et d’acceptation allant crescendo, tout ce que les femmes et les hommes sont fiers de dire qu’ils portent ?


Et je crois plus que jamais pour les aider à des Rhs qualifiés, tant sur le plan technique que porteurs de valeurs humaines fortes, soucieux de cohérence dans l’action pour aller toujours plus fort dans le sens du respect d’autrui, particulièrement dans l’entreprise. Ils ne peuvent qu’être des acteurs clés.

 

Les vacances ne m’ayant pas transformé en utopiste forcené , je dirai que ce propos révèle ma « constitution » RH, ma volonté. Ce ne sera pas une surprise pour ceux qui me connaissent. 


Et que nous sommes nombreux dans ce cas, je connais tant de belles personnes engagées dans ce beau métier comme je l’ai fait. Je ne leur souhaite en aucun cas ce cauchemar effrayant du Jour d’Après.


Alors, ouvrons ces fils d’actu…


© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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