• Stéphane Fayol

Peut-on encore accorder crédit à une promesse ?


Promettre \ pʁɔ.mɛtʁ \ verbe transifif

(extraits du Wiktionnaire)


1. S’engager verbalement ou par écrit à quelque chose.

2. (Figuré) Annoncer, prédire, en parlant des personnes et des choses.

3. (Absolument) (Figuré) Faire espérer, donner des espérances, en parlant des personnes et des choses.

4. (Familier) Assurer qu’une chose sera.

5. (Pronominal) Espérer.

6. (Pronominal) Prendre une ferme résolution.

7. (Figuré) Destiner ; affecter.


Pas moins de sept définitions, mais je m’y retrouve. Et cela donne à ma réflexion du moment un peu d’assise. Je vous recommande d’ailleurs cette lecture d’un article ô combien complet sur le sujet de Vincent Boyer en 2012.



Ce ne seront pour moi que quelques idées personnelles que j’avais envie de partager. Alors, illustrons le cadre et promenons-nous dans l’univers de la promesse.

  • La promesse « sérieuse » : de vente, notamment dans l’immobilier, avec son côté engageant assorti de pénalité si on ne la respecte pas. La promesse d’embauche : il y a quelques années très floue, et à laquelle la jurisprudence s’est attachée à donner du poids relatif à la valeur de l’engagement.

  • La promesse « communicante » : avec la promesse "produit" ou la promesse "marque employeur"

  • La promesse « cynique » : « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » - Jacques Chirac Président de la République Française.

  • La promesse absolue : la Promesse de l’Aube, liée à la naissance et à la mère par Romain Gary.

  • La promesse romantique et lyrique : « Je te promets » par Johnny et l’écriture poétique de Jean Jacques Goldman.


Il y a tant de déclinaisons possibles. D’ailleurs le fait de prononcer déclinaison me fait songer à déclin. Je ne suis pas d’un pessimisme absolu, comme pourraient le faire penser certains de mes posts en lecture première. C’est si facile quand cela dérange de l’évacuer comme cela, si facile de parler « en théorie ». Je me sens plus proche d’un lanceur d’alerte, pour reprendre une expression à la mode.




Je ne suis pas exempt d’avoir fait et reçu des promesses dans ma vie tant professionnelle que personnelle. Ce pourquoi il me semble nécessaire de remettre le mot et sa force au centre du débat.


J’ai fait mon maximum pour que mes promesses faites soient tenues, et cela m’a couté très cher, au sens propre comme figuré, mais je pense que peu peuvent dire qu’il y en que je n’ai pas tenues. Quitte d’ailleurs à dire d’emblée que je ne pouvais pas m’engager à promettre : il me semble et surtout pour le RH que j’ai incarné ça et là, que c’était un basique de mon respect de l’autre, des autres.


Et comme je l’écris, les quelques fois où j’ai promis sans pouvoir tenir, notamment à de chers disparus auxquels je pense intensément en écrivant ce mot, une partie de moi-même s’est échouée après avoir naufragé. Jamais je ne me suis sorti indemne de cela. C’est cruel, mais rassurant par rapport à un cynisme que je n’ai jamais atteint.



Des promesses, j’en ai reçues, de belles et d’autres non.


Là aussi, je ne jette aucune pierre, car chacune et chacun des promettants avait ses raisons et sa ligne de vie, mais les seules véritables blessures que j’en ai conçues, ont leur origine dans la malhonnêteté, l’irrespect et le mensonge. Je n’ai jamais pu m’y faire, me mettant parfois en danger mais je ne m’y ferai jamais, et ça me fait vraiment du bien de le penser.


« La promesse qu'il faut tenir sans cesse est celle d'être honnête homme » - Jean Jacques Rousseau

Toute ma vie sera marquée par ces mots :

« On vous promettra pas Les toujours du grand soir Mais juste pour l'hiver A manger et à boire


La juste promesse avérée avec le temps de Coluche pour la création des Restos du Coeur traduite en mots par Goldman. Nous vivons une séquence de société, où il serait judicieux de se repencher sur la question, essentielle à coup sûr elle.



Ne pas promettre, s’engager à rien, c’est enfermer, ne pas assumer une mission sociétale, humaine, c’est un no man’s land.


Et la Covid nous a montré, s’il en était besoin, qu’un Gouvernement qui ne promettait que du sang et des larmes comme aurait dit en son temps Churchill, était voué aux pires gémonies.



Promettre tout et n’importe quoi ? Pour ne pas tenir ? Pour persister à penser que les hommes sont prêts à avaler toutes les couleuvres, pour dessiner un avenir « FDG » (Foutage De Gueule) comme diraient les jeunes. Non, ça ne tient plus non plus, en tous les cas pas longtemps, et ça conduit à coup sûr à l’explosion dans toutes ses acceptions (je vous épargne une très belle définition wikipédia).




Alors il faut retrouver de la mesure ; nettoyer, dépolluer, ré-équilibrer le mot et surtout le message qu’il porte, de manière à ce que la promesse soit une belle lueur d’existence.


Qu’elle qu’en soit l’origine, l’objet et le récipiendaire, et non dévoyée et de nature à créer de la méfiance, de la défiance, de la perte de confiance et j’en passe.


Ma réflexion s’adresse à moi, aux politiques, aux représentants d’un ordre chancelant, aux tenants d’un monde qui change envers et contre tout, aux chefs d’entreprises et bien entendu, je garde toujours mon meilleur pour la fin, à mes amis RH dont j’admire tant l’engagement.


A bientôt (c’est une promesse, et pas de Gascon comme s’est plu à la citer le dictionnaire)

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