• Stephane Fayol

Réflexion sur la représentation de soi

Mis à jour : avr. 10


Ceci est un croquis, réalisé en 3minutes suivant un échange sur Whatsapp.


Est ce moi ? Ou une représentation de moi ? Ou autre chose ? C'est a priori moi, vu par l'autre regard.


Donc, est ce bien moi, est-ce universellement admissible ? Où alors est ce le "moi" que l'autre a vu, a voulu voir ? Ce que son regard, son cerveau, son coeur liés, le moment... lui ont dicté ?


Je n'ai aucune réponse, moi qui ai posé plus de 30 ans dans un métier où le recrutement, via la rencontre de l'autre, quelqu'en soient les modalités m'ont permis (sans ce talent là), de réaliser des portraits et de décider de sorts.


Ai je mis des filtres et lesquels, et étaient ils pertinents ? Je n'ai pas de réponse à cela, des réponses sans doute.


A vrai dire, je ne suis même pas sûr que la question fasse sens (oui je sais, avec le confinement ça bosse là-haut)... Nous sommes tellement différents, singuliers, difficiles et complexes, tant de "facteurs" rationnels (ou pas) interviennent dans notre appréciation/jugement.


Cela peut expliquer sans doute que certaines positions fulgurantes, encouragées par une société qui va vite, très vite, qui n'a la temps de rien, et qui est aidée pour cela par de multiples outils type les réseaux sociaux, peuvent nous faire dire sur l'instant tout et son contraire, tout et n'importe quoi. Et que certains emballements type buzz sont tellement exagérés.


Ce constat nous conduit à beaucoup d'humilité, et nous rappelle sans cesse à la prudence.


Pas celle qui pétrifie et rend muets, ou qui fait que nous devons accepter d'être culpabilisés et de nous culpabiliser nous mêmes à l'infini. Nous sommes nés pour agir et le plus courageusement et sincèrement possible. Mais ce que l'on pense, ce que l'on dit ou fait à cette occasion mériterait tant de recul. Il y a beaucoup de blessés au champs d'horreur de ces emportements.


Même s'il est vrai que j'aime de plus en plus réfléchir de façon ouverte, exprimer des ressentis sincères, éviter les généralisations abusives et asservies, je ne suis pas exempt de ce que je viens de pointer du doigt. Alors, et même si cela fait mal, même si cela peut coûter cher à soi même et aux autres, peut être admettre qu'on s'est trompé et dire pardon, juste par respect, sans s'exonérer par lâcheté, fait sens. Et même si cette apparent flottement et/ou manque de certitudes est peu rassurant.


"Plus je grandis, moins je suis. Plus je me trouve, plus je me perds. Plus je m'éprouve, plus je vois que je suis fleur et oiseau et étoile et univers. Plus je me définis et moins j'ai de limite. Je déborde de tout..."

Sur ces mots magnifiques de Fernando Pessoa, je me sens finalement heureux d'être aussi sensible, d'être aussi fragile. Même si parfois cela me fait mal, très mal. Je viens de vivre un long temps avec.

Je pense à l'instant au dernier ouvrage lu de Tatiana de Rosnay "Les fleurs de l'ombre" où un monde niant cela est décrit, monde dont je ne veux pas, pas plus qu'elle d'ailleurs si on s'attache avec soin aux dernières pages.


Non, être si fragiles, c'est être humains, c'est accepter raisonnablement l'inconnu et l'incertain, et c'est rassurant. La perfection de la maitrise totale aseptise la vie. Et rend les femmes et les hommes pauvres.


Et là, sur ce joli croquis, qui est-ce ? J'ai mes ressentis, vous aurez les vôtres et c'est bien comme cela.

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© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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