• Stephane Fayol

Réseaux Sociaux ou Réseaux "Attila" ?

Mis à jour : août 28


J’en arrive à ce stade, où je ne sais plus qui n’a rien dit sur les réseaux sociaux.


Et j’ai conscience que ce texte, va rejoindre la haute pile de ceux déjà déposés, avec le même sentiment qu’après avoir déposé une plainte dans un commissariat débordé, au cœur d’une zone sensible gérant une pandémie d’actes malveillants.


Dessous ou dessus la pile, peu importe, il y en a tant, que cette action ressemble à l’animation "boomerang" d’une photo sur mobile. Ça s’agite mais ça ne sert à rien. J’avais moi aussi déjà déposé ma contribution en son temps. Pschittt ….la revoilà pour mémoire.


Et Dire que ces outils fabuleux recèlent de trésors à partager, d’échanges à réaliser !


Conforme d’ailleurs à ce qu’en disent les définitions institutionnelles, j’en ai trouvé deux. 


La première me dit « site internet qui permet de partager et d’échanger des informations, photos, vidéos avec une communauté d’amis et leurs connaissances ». Une seconde, précise qu’il s’agit « d’un agencement de liens entre individus et/ou organisations, constituant un groupement qui a un sens ».


Ca commence bien avec deux définitions pareilles ou autrement dit : "on n’a pas le cul sorti des ronces" (dicton rural). Je vous prie d’excuser l'expression, c’est trivial mais bon enfant et à côté de ce que je lis sur ces réseaux, quasiment haut de gamme.

Car quand on voit, et je l’ai constaté à deux reprises sur Twitter ce week-end l’auteur d’un post se féliciter de ne pas avoir reçu de torrents d’insultes, d’agressions, de menaces et j’en passe !! Quel chemin avons-nous parcouru ? Pour passer d'une théorie intelligente à une pratique... et on en est arrivé à se rassurer avec des phrases, montras ou autres zigouigouis pour conjurer ce fichu sort.



Il n’y a pas que les marins qui ont ce besoin. Face à cet océan de misère, c’est donc le seul recours ?

On ne donne rien sur nombre de publications, on ne reçoit pas grand-chose, d'ailleurs non plus, pour en revenir à la définition de l'univers de la théorie.


Ou au mieux des baffes et autre bourre pifs, mais ça fait partie du paysage. L’échange n’a pas lieu. Plutôt on benne, on déverse des saloperies, des bouts de phrases qui ne servent à rien, qui d’ailleurs ne parlent de rien, type "j’ai mal aux dents…" Ben désolé de l’apprendre hein et ?

Alors bien sûr, il y a de la « résistance » , le mot est à la mode, je l’utilise avec tout le respect qui est dû à ceux dont on m’a appris qu’ils avaient, ou qu’ils résistaient.


Il y a ceux qui évangélisent la déconnexion pour se faire du bien, soit un remède trouvé il y a longtemps par les autruches, il y a celles et ceux qui s’appliquent à poster des textes, souvent qualifiés de trop longs, pour lesquels il faut réfléchir… quelle guigne !

Mais je ne suis pas fataliste, et plutôt pragmatique.


"Qui trop embrasse mal étreint". J’y crois, naïvement peut être mais ça fait du bien la naïveté. Alors, sur certains réseaux, je continue à regarder les innombrables matous défiler en étant ému, des histoires drôles même les plus simplistes en riant bon enfant, des commentaires lapidaires de déclarations même partielles en pouffant, au lieu d'articles de fond bien construits, aussi brefs soient-ils.

Je me prends même à accepter de me considérer parfois comme addict. Mais je rassure tout le monde, je m’arrête là parce que la culpabilité ne sert à rien et n’ayant pas lu la presse people ou à scandales, disons que je me rattrape. Et puis je ne fais que « zapper » (non là ça fait boomer), que "scroller" automatiquement comme ils disent maintenant.

Et ça ne doit en rien me « lobotomiser », ça doit me laisser le recul nécessaire pour réaliser ce que je lis, ce que je fais. Enfin je l’espère, puisque par ailleurs j’ai une vie enrichie par les vrais réseaux de contacts en chair et os, par les vrais articles d'information, par les vrais ouvrages.

Je me dis même qu'avec ces réseaux je vois la société telle qu’elle est. Et que c'est une chance.


Que le contenu véhiculé par l’outil (tous réseaux sociaux confondus) n’est que le reflet de comportements de vie. Et qu’il est inutile de faire celui qui est outragé qui ne veut pas voir, ce qui consisterait à être totalement hors sol.

La seule chose qui est bien ancrée dans ma petite tête, c’est :


Halte à la violence (surtout l’odieuse qui avec une perversité non contenue s’abrite derrière la liberté d’expression), à la haine masquée, à la calomnie, à toutes ces horreurs qui abiment la vie. Je ne perdrai pas le temps de l’exhaustivité. Place au respect humain.

Il y a eu de tout temps de la violence, de tous temps des groupes, des gens, des moyens (je pense aux adorables billets dits des corbeaux), attachés à cela, ainsi va le monde.


Mais les gardiens de la vie ensemble ne doivent pas démissionner. Il y a de la place pour eux, leur idéal sans lequel rien ne sera plus possible.

Alors même si je déplore que de nombreuses utilisations de réseaux soient dictées par le commando Attila (avec le côté ridicule des membres, mais au moins eux faisaient rire), je trouve que nos trois loustics portés à la scène par Robert Lamoureux ont plutôt en la matière trop souvent cédé la place, tout en restant grotesques, vantards, lâches etc., au côté bien pire "là ou il passe l’herbe trépasse" du véritable Attila . Ben oui, ça a glissé Chef….

A suivre.


© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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