• Stephane Fayol

Le syndrome de la Belle au Bois Dormant

Mis à jour : juil. 3

Ne me réveillez pas...

Très sincèrement, lorsque je lis les expressions via les réseaux sociaux, lorsque je vis l’expression dans la rue, j’envie souvent La Belle au Bois Dormant, en me demandant si je ne ferais pas mieux de me réveiller tard, beaucoup plus tard. Peut-être même à l’occasion de cette fête popularisée et reine de la procrastination que l’on nomme la St Glinglin. Tant les mondes semblent incompatibles.

Je ne trouve nulle part, de charmante ou de charmant, légitime à me réveiller. Je sais, c’est sévère mais je sais aussi pourquoi je dors.

J’ai été "tuer"... Non par Omar comme on a lu l’écrit dans la disparition de Ghyslaine Marchall, mais les auteurs de ce forfait se reconnaitront et je n’ai nulle envie de prononcer leur nom ni les invectiver. Ce serait trop d’honneur et le mépris préconisé par #MeFolace dans les Tontons Flingueurs est sans doute la seule attitude à leur opposer, la seule qu’elles et ils méritent.

Alors, pour me réveiller, il en faut beaucoup. Parce que mon organisme est léthargique et blessé, je crois de ce côté-là que je ne trouverai jamais l’élixir qui protège contre la bêtise et la méchanceté, mais aussi parce que chaque fois que j’ouvre un œil, je suis très vite tenté de le refermer.

Il y a quelques années que j’ai cru que les réseaux sociaux allaient me permettre de me régaler du meilleur


J’aurais dû, tel certains souverains de passé ou certains dictateurs, engager un goûteur ? Comment gommer toute cette violence, ces torrents d’injures de haines, de réactions épidermiques mal à propos, de mimi mélo indigestes de la part d’un grand nombre de personnes contre lesquelles, je n’ai aucun à priori défavorable ? Qu’elles soient politiques, scientifiques ou autres, peu importe je vois à l’instar de Jacquouille La Fripouille du Vilain ou de la Vilaine quasiment partout…

Comment accepter cela ? Sans rien dire ? C’est lâche et juste en ce qui me concerne valable pour les moments de grand lassitude.


En disant ? Oui, mais il y a alors le risque de rentrer dans la zone polémiqueur stérile qui ravit l’audience mais ne donne en rien quelque orientation positive que ce soit. Donc sombrer dans le cercle vicieux ouvert.

En théorisant ? Je suis de plus en plus amusé, voir lassé d’écouter les grands discours et les grandes théories, comme chantait Goldman, planantes hors sols ou hystérisantes et binaires donc extrêmes sans aucun, ou allez soyons gentil, un dixième de pouia d’u-influence sur la vraie vie. Juste pour des milieux autorisés, et encore divisés.

Alors je sais, parce qu’on m’a déjà dit. Bah, tu sombres dans le pessimisme, tu finiras par être rangé dans les critiques négatifs etc. J’ai bien réfléchi, si si, cela peut encore m’arriver. Eh bien je m’en fiche un peu : comment rester muet face à la bêtise, à tout ce qui est anti social (ubuesque lorsqu’on a investi sa vie sur un engagement dit RH) et à tout ce qui me parait détruire avec force, inconstance, incohérence mais à la déstabilisation garantie. Ou comment se vautrer dans une hypocrisie habilement habillée mais tout de même coupable au vu du résultat.

Je n’y parviens pas.

Et puis vu ce que j’ai vécu, je n’ai nulle envie de m’enfermer dans le syndrome de la Belle au Bois Dormant ; certes c’est joli en théorie, mais un je suis quasi insomniaque, deux j’ai toujours une vieille cape et un collant de superman ridicule caché dans ma penderie, trois, les virus et les syndromes basta. Ma liste de protestation est non exhaustive tant de personnes ont à cœur de l’alimenter j’en suis sûr car l’envie de VIVRE est très certainement la plus forte.

Et je rends hommage à celles et ceux qui l’assument chaque jour, en supportant l’adversité de plus en plus pâteuse de notre société, et l’asphyxie médiatique qui l’accompagne, et à celles et ceux qui courageux ont l’audace au-delà du courage, comme l’a écrit mon ami Thomas Chardin.

Alors de temps à autre, je lâche ma plume ( enfin vs clavier) et je dis.

Et comme Michel Audiard encore lui le faisait dire à un protagoniste des Tontons Flingueurs, je ne dis pas que c’est pas injuste, je dis simplement que ça soulage. Et si j’en juge mes lecteurs, je donne aussi quelques bouffées d’air autour de moi, et ça, ça me comble de donner.

Et puis je ne désespérerai jamais d’un demain autre, auquel je vois bien qu’on est tellement tenté de renoncer pour tout un tas de contraintes que je laisse volontiers aux autres, quand bien même on me taxe d’irréalisme. Alors assoupi certes face à tant et tant de coups, avec une courbe légèrement et tristement exponentielle , mais dormant profondément en attendant l'hypothétique "charmant" non.

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© Stéphane Fayol 2019 - toiledevie.leblog@gmail.com

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