• Stephane Fayol

Les « Envahisseurs » chez les RH : si, je vous l’assure, ils existent…

Préambule : Les Fictions de mon été 2020


J’aime raconter des histoires, comme j’ai aimé qu’on m’en raconte. C’est agréable à lire, enfin j’espère, léger, quoique, nourri par une réalité, ou plusieurs, et agrémenté d’imagination. Il y en a pour tout le monde. Et illustrer avec des titres mythiques, c’est juste un régal : alors c’est parti pour un été avec mes fictions. Et le 1er titre : les envahisseurs.

Moi, je Je les ai rencontrés, n’est ce pas David Vincent ?

A quoi ils ressemblent ? Verts, un petit doigt bizarre, le corps sonnant creux : NON , rien de tout ça...

Ils se ressemblent en quelque sorte, ils viennent d’on ne sait où, et ils travaillent pour eux, mais juste pour eux, tout en faisant croire l’inverse…

Oui, je sais, je n’ai que pour parler d’eux que quelques indices troublants. Et pas de preuves. Et Je sais, ces indices ne veulent pas dire grand-chose et ils seront démentis par eux, mais quand même je vous les livre parce-qu’en parler me bouleverse et me fait mal à la tête.

Les Envahisseurs sont puissants… mais je n’ai pas peur, même leur arme ultime, le ridicule ne m’atteint pas.

Tentative de descriptif :

Ils ont souvent un super diplôme. Pas un truc au rabais universitaire, non un truc qui claque et qui traverse les époques en suscitant perplexité, envie et jalousie, etc. Bien sûr, le système dans lequel ils ont évolué tôt leur a donné une haute opinion d’eux-mêmes et les a enfermés dans le vaisseau spatial d’une certitude inaccessible. Sacrée protection, ils sont organisés !

On pourrait les croire sourds au reste du monde. En fait non, c’est le monde des autres qui ne comprend pas leur « supériorité ». Ça n’est pas grave, ils vaincront et les autres se soumettront c’est ainsi, donc même si ça gène l’humain, ils s’en fichent.

Intégrant en début de carrière une entreprise - s’ils ne gangrènent pas trop vite pour y rester la tribu de ceux qui savent et qui expliquent, dits trivialement consultants, il n’est pas question qu’ils stagnent sur de la besogne ingrate.

Et pour les y aider, l’humain asservi a créé pour eux des process (outils indescriptibles) comme les hauts potentiels (ou autres dénominations). Cela leur permet d’arriver sans avoir à démontrer au rang où on « réfléchit » parce qu’ils le peuvent, et on « décide » car ils le doivent puisqu’ils savent.

Alors évidemment, ils fabriquent des alliés, c’est une de leur force, pour envahir de façon efficiente. Par exemple, des dirigeants en place qui adorent les exhiber,

des tièdes que ça arrange qu’ils soient devant,

et puis tout ce lobby invisible des leurs.


J’ai entendu qu’on pouvait les qualifier « d’hors sol », mais doucement parce qu’ils ne faut pas se rebeller. Ca m’a laissé rêveur, c’est fadasse et ça veut dire quoi ? Et qui a dit que pour eux c’est insultant ? Au sol c’est glorieux ?

Ce qui est certain, c’est que majoritairement, ils sont la plupart du temps incompréhensibles pour l’humain lambda et clivants de fait, ils adorent ça les distingue, les met en avant.

Non pas parce qu’ils sont créatifs : ce serait une erreur de les assimiler à cette qualité qui ne leur est pas réservée, voire même de laquelle ils sont exclus, par conformisme.

Non mais le nombre de choses hallucinantes dans lesquelles ils prétendent embarquer les autres est phénoménal.

Alors ils sont haïs, rejetés, ce qui est déjà assez grave mais plus encore, leurs propositions/décisions entrainent des rejets, voire des accidents de vie de plus en plus nombreux.

Peu leur importe, je vous l’ai déjà dit : la mission qui leur a été assignée les exonère d’empathie, sauf par souci tactique en façade. Alors ils déroulent implacablement.

Et font énormément de voyages au sein de leur système nourricier, la matrice : l’entre-soi.

Là ils y sont heureux, rivalisent de hardiesses, en ne s’offusquant de rien car leur compétition n’obéit pas aux mêmes règles que le monde des envahis. Ils y pratiquent un délire inquiétant mais tellement inatteignable.


Ils écrivent, souvent, de façon caricaturale 


Ça raconte des trucs incroyables. A partir d’un point ils font une myriade et généralisent à outrance, à partir d’une horreur ils théorisent la sagesse etc. C’est fascinant, ils hypnothisent par le simplisme.

Les médias les adorent :


Les recevoir, les récompenser, quelle jouissance !

Ils sont pour eux, le moyen de rivaliser (pour les audio visuels) avec la presse people.

L’essentiel n’est pas de comprendre ce qu’ils disent, l’essentiel est de faire vivre un mythe



Le buzz ( version 2020), ça fait recette : on adore aduler ce qu’on déteste c’est bien connu. En attendant, on courbe l’échine et la peur est là.

Oui, je les ai souvent rencontrés

Et même si j’ai une détestable propension à les fuir, à les bousculer (on m’a souvent appelé le Mulder de la profession tant ça m’a couté de placards), je sais qu’ils et moi ne seront jamais amis.



Mon monde à moi est je le sais, plutôt asservi à leur système. Il est plein de courageux, d’inconscients peut être, qui se bagarrent non pas pour les aider (souvent une apparence) mais pour limiter les dégâts nés de leurs agissements. Des résistants en quelque sorte, des héros sans doute. Mais ils semblent si banals… plus difficiles à reconnaitre. Il n’empêche, leur travail de l’ombre est façonné d’une beauté d’âme que les envahisseurs méprisent, voire ne comprennent pas.

Eux, je les aime, mes Mulders à moi.

PS : je ne vous ai parlé que de ceux qui ont débarqué chez les RH ; quelque chose me dit qu’ils sont ailleurs : #psychose.



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