• Stephane Fayol

"N'attends pas...."







Oui finalement c'est moi, après quelques années pour celles et ceux qui ne me reconnaissent pas mais réfléchissez...


Tout au long de ma vie, d’autant qu’il m’en souvienne, j’ai souvent été appelé au secours.


Chaque appel prenait des formes différentes, selon les personnes, leur histoire, les circonstances. Chacun méritait mon attention, au moins et plus, tant que j’ai pu le faire. Ce plus, je reconnais qu’il était d’abord généré par mon cœur, puis passé au tamis pudique et discret de mon cerveau et son côté rationnel.

Alors j’en ai parcouru du chemin escarpé, j’en ai abattu des obstacles de tous ordres, j’ai aidé à créer une des plus jolies choses au monde : l’espoir.

Et j’en suis si heureux. Non, rien de rien, non je ne regrette rien chantait la frêle Édith qui trouvait force et feu on ne saura jamais où tant elle semblait toujours sur le point de s’effondrer.

Peut-être ai-je moi aussi, trouvé dans ma fragilité, ma sensibilité, ce don permanent que j’ai réalisé, passant outre toutes les mises en garde qui m’étaient faites par celles et ceux qui m’aiment, par celles et ceux pour qui ma vie méritait d’être plus préservée. Avaient-ils tort, non, je ne le crois pas au fond, ai-je raison ? je ne le sais pas, mais je ne sais toujours pas agir autrement.


Tout ce que j’ai tenté, tout ce que j’ai réussi, à fait naitre tant de lueurs dans les regards, les miens comme ceux des autres, qu’il y a de quoi transpercer le plus opaque des noirs que la vie s’ingénie à inventer. Ou alors, comme le dit Soulages, à créer des noirs qui reflètent la lumière et qui en aucun cas ne sont obscurs au sens le plus terne du terme.


Bien sûr il y eut des orages, comme l’a chanté le grand Brel. Et la foudre s’est abattue sur moi parfois, rarement mais tout de même, de la façon la plus cruelle qui soit, au moins une fois.


Et la blessure est encore vive, éternelle je l’ai enfin compris ; et plus va le temps, plus elle est réveillée par de petites choses, sans grande importance pour tant d’autres, mais qui me tourmentent alors même que quelques années plus tôt, je ne sais si j’y aurai prêté attention ; sans doute aurais moins ressenti, plus intellectualisé, c’est pratique de technocratiser sa vie, ça déshumanise ce qui est parfois confortable. Ça me choque de le dire, pourtant je suis certain que je l’ai vécu ainsi, comme d’autres peuvent le faire. Plus de protection au prix de plus d’hypocrisie aveugle ? Peut-être, sans doute.


Le temps est venu où j’ai envoyé quelques SOS.

Qui me semblaient mineurs mais qui avaient pour objectif d’assurer mon pas quand il tanguait. Et le nombre de phrases toutes faites, qu’on pourrait dans beaucoup de milieu appeler « éléments de langage », motivés par je n’ai pas le temps, il m’ennuie celui-là à se plaindre alors qu’il nous avait habituer à être tout de même plus utile, mais il voit bien qu’on ne peut pas… le nombre de messages procrastinant pour que je finisse par oublier, que je disparaisse, que je n’encombre plus et que bon sang, je me débrouille seul, merde, quoi, avec ma volonté !!!


Être et avoir été, s’en rendre compte en recevant les tristes échos des SOS lancés, dans le désert d’une immense solitude au fond. Ouille c’est quand même douloureux.


Alors, vient l’ère des si offensifs :


Si j’avais le courage, je couperai ma liste de contacts d’amis ou pseudos par deux, si j’avais le courage, je dirais à un tel ou à une telle ça suffit, si j’avais le courage, je ferais….


Mais si ces réactions n’étaient guidées que par une aigreur instinctive et démesurée, liée au temps, à mon ressenti du moment. Moi, qui sans tomber dans la mièvrerie qui m’a toujours fait horreur, ai toujours pris le temps, par égard pour les autres et finalement pour moi, de conserver ce qui a constitué la ligne de ma vie et de dire, posément les choses. Parce que si je réagis comme un diablotin sur ressort au sortir de sa boite, la vie avec les autres va devenir un champ de bataille ?

Et quand je regarde autour de moi, je trouve qu’il y en a beaucoup trop de ces champs de batailles, que bien souvent ils semblent guidés par la conscience ou l’inconscience d’atomiser notre société. Ce manque de respect, cette haine me font frissonner.

Alors, à l’ère des si, vient succéder l’ère des « continue à tracer ton chemin ».


Plus positivement correct et facile direz-vous.


Pas forcément plus rassurant parce que je sais désormais, eh oui, M Gabin, « je sais » que ce chemin a perdu beaucoup de rectitudes passées et que le GPS pour me guider ne couvre pas toutes les zones qui sont blanches. Mais je vais découvrir et sans volonté d’abrutir tout le monde de mantras, je vais accepter d’être surpris, y compris par des revirements plus inattendus les uns que les autres.


Une amie très souvent de bons conseils, vient de me dire alors que mes doigts couraient sur le clavier : « N’attends pas des autres ce que tu es capable de faire pour eux ». Mais oui, c'est là, la clé, elle a raison.


Elle emporte encore une fois la première place du podium de mes réflexions d’étapes de vie et je lui offre lettre et la conclusion de ce billet pour honorer ses mots venus du cœur, lieu où je sais pouvoir rencontrer mes amours de vie et des ressources de joie qui s’éteindront, mais avec moi.

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